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Don Quixote — Chapter 104 in French

By Miguel de Cervantes

Cide Hamete raconte que Don Quichotte, guéri maintenant de ses égratignures, sentit que la vie qu'il menait au château était entièrement incompatible avec l'ordre de chevalerie qu'il professait, et qu'il se détermina à prier le duc et la duchesse de lui permettre de partir pour Saragosse, car le moment de la fête approchait, et il espérait y remporter le costume d'armes qui est le prix des fêtes de ce genre. Cide Hamete relates that Don Quixote being now cured of his scratches felt that the life he was leading in the castle was entirely inconsistent with the order of chivalry he professed, so he determined to ask the duke and duchess to permit him to take his departure for Saragossa, as the time of the festival was now drawing near, and he hoped to win there the suit of armour which is the prize at festivals of the sort. Mais un jour, à table avec le duc et la duchesse, au moment où il allait mettre à exécution sa résolution et leur demander la permission, voilà que tout à coup entrèrent par la porte de la grande salle deux femmes, comme on le vit après, vêtues de deuil de la tête aux pieds, dont l'une s'approchant de Don Quichotte se jeta de tout son long à ses pieds, y pressant ses lèvres et poussant des gémissements si tristes, si profonds et si lamentables qu'elle mit tous ceux qui l'entendirent et la virent dans un état de perplexité; et bien que le duc et la duchesse supposassent que ce devait être une plaisanterie que leurs serviteurs jouaient à Don Quichotte, néanmoins la manière dont la femme soupirait, gémissait et pleurait les intrigua et les rendit incertains, jusqu'à ce que Don Quichotte, touché de compassion, la relevât et lui fît ôter son voile et retirer le manteau de son visage baigné de larmes. But one day at table with the duke and duchess, just as he was about to carry his resolution into effect and ask for their permission, lo and behold suddenly there came in through the door of the great hall two women, as they afterwards proved to be, draped in mourning from head to foot, one of whom approaching Don Quixote flung herself at full length at his feet, pressing her lips to them, and uttering moans so sad, so deep, and so doleful that she put all who heard and saw her into a state of perplexity; and though the duke and duchess supposed it must be some joke their servants were playing off upon Don Quixote, still the earnest way the woman sighed and moaned and wept puzzled them and made them feel uncertain, until Don Quixote, touched with compassion, raised her up and made her unveil herself and remove the mantle from her tearful face. Elle obéit et découvrit ce que personne n'aurait jamais pu anticiper, car elle découvrit le visage de Doña Rodriguez, la duègne de la maison; l'autre femme en deuil étant sa fille, qui avait été bernée par le fils du riche fermier. She complied and disclosed what no one could have ever anticipated, for she disclosed the countenance of Dona Rodriguez, the duenna of the house; the other female in mourning being her daughter, who had been made a fool of by the rich farmer's son. Tous ceux qui la connaissaient furent remplis d'astonishment, et le duc et la duchesse plus que tous; car bien qu'ils la crussent sotte et faible créature, ils ne la croyaient pas capable de pareilles folies. All who knew her were filled with astonishment, and the duke and duchess more than any; for though they thought her a simpleton and a weak creature, they did not think her capable of crazy pranks. Doña Rodriguez, enfin, se tournant vers son maître et sa maîtresse, leur dit: « Voudront vos excellences me permettre de parler un moment à ce gentilhomme? Car il m'est nécessaire de le faire pour me tirer avec succès de l'affaire dans laquelle l'audace d'un malveillant rustre m'a engagée? » Dona Rodriguez, at length, turning to her master and mistress said to them, "Will your excellences be pleased to permit me to speak to this gentleman for a moment, for it is requisite I should do so in order to get successfully out of the business in which the boldness of an evil-minded clown has involved me?"
Le duc dit que de son côté il lui en donnait permission, et qu'elle pouvait parler avec le Seigneur Don Quichotte autant qu'il lui plairait. The duke said that for his part he gave her leave, and that she might speak with Senor Don Quixote as much as she liked.
Elle se tourna alors vers Don Quichotte et, s'adressant à lui, dit : « Il y a quelques jours, vaillant chevalier, je vous ai fait le récit de l'injustice et de la trahison d'un méchant fermier envers ma chère fille bien-aimée, la malheureuse demoiselle que vous voyez ici présente, et vous m'avez promis de prendre son parti et de réparer le tort qui lui a été fait ; mais j'apprends maintenant que vous êtes sur le point de quitter ce château en quête de belles aventures que Dieu voudra bien vous envoyer ; c'est pourquoi, avant de vous mettre en route, je souhaiterais que vous défiiez ce rustre opiniâtre et le contraigniez à épouser ma fille en accomplissement de la promesse qu'il lui avait faite de devenir son mari avant de la séduire ; car espérer que mon seigneur le duc me rendra justice, c'est demander des poires à l'ormeau, pour la raison que je vous ai exposée en particulier ; et ainsi que Notre-Seigneur vous accorde bonne santé et ne nous abandonne point. » She then, turning to Don Quixote and addressing herself to him said, "Some days since, valiant knight, I gave you an account of the injustice and treachery of a wicked farmer to my dearly beloved daughter, the unhappy damsel here before you, and you promised me to take her part and right the wrong that has been done her; but now it has come to my hearing that you are about to depart from this castle in quest of such fair adventures as God may vouchsafe to you; therefore, before you take the road, I would that you challenge this froward rustic, and compel him to marry my daughter in fulfillment of the promise he gave her to become her husband before he seduced her; for to expect that my lord the duke will do me justice is to ask pears from the elm tree, for the reason I stated privately to your worship; and so may our Lord grant you good health and forsake us not."
À ces paroles, Don Quichotte répliqua avec beaucoup de gravité et de solennité : « Digne duègne, retenez vos larmes, ou plutôt séchez-les, et épargne-moi vos soupirs, car je m'engage à obtenir réparation pour votre fille, à qui il eût été mieux de ne pas être si prompte à croire aux promesses des amoureux, lesquelles se font le plus souvent avec précipitation et s'accomplissent fort lentement ; c'est pourquoi, avec la permission de monseigneur le duc, je vais sur l'heure partir à la recherche de ce jeune homme inhumain, le trouver et le défier, et le tuer s'il refuse de tenir sa parole promise ; car le principal objet de ma profession est d'épargner les humbles et de châtier les superbes ; je veux dire, de secourir les affligés et de détruire les oppresseurs. » To these words Don Quixote replied very gravely and solemnly, "Worthy duenna, check your tears, or rather dry them, and spare your sighs, for I take it upon myself to obtain redress for your daughter, for whom it would have been better not to have been so ready to believe lovers' promises, which are for the most part quickly made and very slowly performed; and so, with my lord the duke's leave, I will at once go in quest of this inhuman youth, and will find him out and challenge him and slay him, if so be he refuses to keep his promised word; for the chief object of my profession is to spare the humble and chastise the proud; I mean, to help the distressed and destroy the oppressors."