Babelotheca
LibraryPricingBlog

Great Expectations — Chapter 14 in French

By Charles Dickens

C'est une chose bien misérable que d'avoir honte de sa famille. It is a most miserable thing to feel ashamed of home. C’est une chose bien misérable que d’avoir honte de sa famille, et sans doute cette noire ingratitude est-elle punie comme elle le mérite ; mais ce que je puis certifier, c’est que rien n’est plus misérable. There may be black ingratitude in the thing, and the punishment may be retributive and well deserved; but, that it is a miserable thing, I can testify.
La maison n’avait jamais eu de grands charmes pour moi, à cause du caractère de ma sœur, mais Joe l’avait sanctifiée à mes yeux, et j’avais cru qu’on pouvait y être heureux. Home had never been a very pleasant place to me, because of my sister's temper. But, Joe had sanctified it, and I had believed in it. J’avais considéré notre parloir comme un des plus élégants salons ; j’avais vu dans la porte d’entrée le portail d’un temple, dont on attendait l’ouverture solennelle pour faire un sacrifice de volailles rôties ; la cuisine m’avait semblé un lieu fort convenable, si ce n’est magnifique, et j’avais regardé la forge comme le seul chemin brillant qui devait me conduire à la virilité et à l’indépendance. I had believed in the best parlour as a most elegant saloon; I had believed in the front door, as a mysterious portal of the Temple of State whose solemn opening was attended with a sacrifice of roast fowls; I had believed in the kitchen as a chaste though not magnificent apartment; I had believed in the forge as the glowing road to manhood and independence. En moins d’une année, tout cela avait changé. Within a single year, all this was changed. Tout me paraissait maintenant commun et vulgaire, et pour un empire je n’aurais pas voulu que miss Havisham et Estelle vissent rien qui en dépendît. Now, it was all coarse and common, and I would not have had Miss Havisham and Estella see it on any account.
Était-ce la faute du malheureux état de mon esprit ? Était-ce la faute de miss Havisham ? How much of my ungracious condition of mind may have been my own fault, how much Miss Havisham's, how much my sister's, is now of no moment to me or to any one. Le changement s’était opéré en moi, c’en était fait ; bon ou mauvais, avec ou sans excuse, c’était un fait ! The change was made in me; the thing was done. Well or ill done, excusably or inexcusably, it was done.
Dans le temps, il m’avait semblé qu’une fois dans la forge, en qualité d’apprenti de Joe, avec mes manches de chemise retroussées, je serais distingué et heureux. Once, it had seemed to me that when I should at last roll up my shirt-sleeves and go into the forge, Joe's 'prentice, I should be distinguished and happy. J’avais enfin alors atteint ce but tant désiré, et tout ce que je sentais, c’est que j’étais noirci par la poussière de charbon, et que j’avais la mémoire chargée d’un poids tellement pesant qu’auprès de lui, l’enclume n’était qu’une plume. Now the reality was in my hold, I only felt that I was dusty with the dust of small-coal, and that I had a weight upon my daily remembrance to which the anvil was a feather. Il m’est arrivé plus tard dans ma vie (comme dans la plupart des existences) des moments où j’ai cru sentir un épais rideau tomber sur tout ce qui faisait l’intérêt et le charme de la mienne, pour ne me laisser que la vue de mes ennuis et de mes tracas : mais jamais ce rideau n’est tombé si lourd ni si épais que lorsque j’entrevis mon existence toute tracée devant moi dans la nouvelle voie où j’entrais comme apprenti de Joe. There have been occasions in my later life (I suppose as in most lives) when I have felt for a time as if a thick curtain had fallen on all its interest and romance, to shut me out from anything save dull endurance any more. Never has that curtain dropped so heavy and blank, as when my way in life lay stretched out straight before me through the newly-entered road of apprenticeship to Joe.