Notre-Dame de Paris — Chapter 14 in French
By Victor Hugo
L'église de Notre-Dame de Paris est encore sans doute un édifice majestueux et sublime. The church of Notre-Dame de Paris is still no doubt, a majestic and sublime edifice. Mais, si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant les dégradations, les mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui en avait posé la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait posé la dernière. But, beautiful as it has been preserved in growing old, it is difficult not to sigh, not to wax indignant, before the numberless degradations and mutilations which time and men have both caused the venerable monument to suffer, without respect for Charlemagne, who laid its first stone, or for Philip Augustus, who laid the last.
Mais, si belle qu’elle se soit conservée en vieillissant, il est difficile de ne pas soupirer, de ne pas s’indigner devant les dégradations, les mutilations sans nombre que simultanément le temps et les hommes ont fait subir au vénérable monument, sans respect pour Charlemagne qui en avait posé la première pierre, pour Philippe-Auguste qui en avait posé la dernière. On the face of this aged queen of our cathedrals, by the side of a wrinkle, one always finds a scar. Tempus edax, homo edacior. Ce que je traduirais volontiers ainsi : le temps est aveugle, l’homme est stupide. Tempus edax, homo edacior; which I should be glad to translate thus: time is blind, man is stupid.
Si nous avions le loisir d’examiner une à une avec le lecteur les diverses traces de destruction imprimées à l’antique église, la part du temps serait la moindre, la pire celle des hommes, surtout des hommes de l’art. If we had leisure to examine with the reader, one by one, the divers traces of destruction imprinted upon the old church, time's share would be the least, the share of men the most, especially the men of art, since there have been individuals who assumed the title of architects during the last two centuries.
Et d'abord, pour ne citer que quelques exemples principaux, il y a certainement peu de pages architecturales plus belles que cette façade, où successivement et à la fois, les trois portails creusés en ogive ; la cordon brodé et dentelé des vingt-huit niches royales ; l'immense rosace centrale, flanquée de ses deux fenêtres latérales, comme un prêtre de son diacre et de son sous-diacre ; la galerie frêle et élevée des arcades en trèfle, qui supporte une lourde plate-forme sur ses fines et minces colonnes ; et enfin, les deux tours noires et massives avec leurs toitures d'ardoise, parties harmonieuses d'un ensemble magnifique, superposées en cinq étages gigantesques ;—se développent devant l'oeil, en masse et sans confusion, avec leurs innombrables détails de statuaire, de gravure et de sculpture, unis puissamment à la tranquille grandeur de l'ensemble ; une vaste symphonie en pierre, pour ainsi dire ; l'oeuvre colossale d'un homme et d'un peuple, tout ensemble un et complexe, comme les Iliades et les Romanceros, dont elle est la soeur ; produit prodigieux du groupement de toutes les forces d'une époque, où, sur chaque pierre, on voit la fantaisie de l'ouvrier disciplinée par le génie de l'artiste s'échapper en cent manières ; une création humaine, en un mot, puissante et féconde comme la création divine dont elle semble avoir volé le double caractère,—la variété, l'éternité. And, in the first place, to cite only a few leading examples, there certainly are few finer architectural pages than this façade, where, successively and at once, the three portals hollowed out in an arch; the broidered and dentated cordon of the eight and twenty royal niches; the immense central rose window, flanked by its two lateral windows, like a priest by his deacon and subdeacon; the frail and lofty gallery of trefoil arcades, which supports a heavy platform above its fine, slender columns; and lastly, the two black and massive towers with their slate penthouses, harmonious parts of a magnificent whole, superposed in five gigantic stories;—develop themselves before the eye, in a mass and without confusion, with their innumerable details of statuary, carving, and sculpture, joined powerfully to the tranquil grandeur of the whole; a vast symphony in stone, so to speak; the colossal work of one man and one people, all together one and complex, like the Iliads and the Eomanceros, whose sister it is; prodigious product of the grouping together of all the forces of an epoch, where, upon each stone, one sees the fancy of the workman disciplined by the genius of the artist start forth in a hundred fashions; a sort of human creation, in a word, powerful and fecund as the divine creation of which it seems to have stolen the double character,— variety, eternity.